J'ai découvert Equals il y a quelques mois, un peu par hasard, en cherchant une solution pour simplifier les paiements internationaux de mon agence. Et franchement, au premier abord, j'étais sceptique. Encore un énième outil fintech qui promet monts et merveilles, avec un site trop bien designé pour être honnête.
Mais j'ai creusé. J'ai testé. Et j'ai des choses précises à dire.
Voici mon retour sur Equals en 2026, sans langue de bois, avec les bons côtés, les limites réelles, et surtout : pour qui ça a vraiment du sens.
C'est quoi Equals, concrètement ?
Equals, c'est une plateforme financière britannique à l'origine (groupe Equals Money), qui s'est progressivement développée en Europe. L'idée de départ : proposer aux entreprises une alternative aux banques traditionnelles pour gérer les paiements multidevises, les cartes de dépenses, et les transferts internationaux.
Pas un compte bancaire classique. Plutôt un compte de paiement professionnel, avec IBAN, carte Mastercard dédiée, et accès à des taux de change souvent bien meilleurs que ce que vous sort votre banque habituelle quand vous payez un prestataire en dollars ou en livres sterling.
La plateforme a pas mal évolué. Aujourd'hui elle couvre :
- Les comptes multidevises (plus de 140 devises disponibles)
- Les cartes physiques et virtuelles pour salariés
- Les virements internationaux
- La gestion des dépenses et des notes de frais
- Des intégrations comptables (Xero, Sage, QuickBooks)
Sur le papier, c'est solide. Voyons ce que ça donne dans la vraie vie.
Ce qui m'a convaincu (et ce qui m'a agacé)
Les paiements internationaux : là c'est clairement leur point fort
Mon agence travaille avec des prestataires en Espagne, au Royaume-Uni et depuis peu aux États-Unis. Chaque virement international avec ma banque traditionnelle, c'était une loterie sur les frais et les délais. Parfois 3 jours, parfois 5. Avec des frais variables que je ne comprenais pas vraiment.
Avec Equals, j'ai fait un premier test : un virement de 2 400 euros vers un partenaire anglais. Exécuté en moins de 24 heures. Le taux de change appliqué était visible avant validation, ce que je trouve vraiment appréciable. Pas de surprise à l'arrivée. Pas de frais cachés sur ce virement-là.
Je ne dis pas que c'est toujours parfait. Mais sur cette fonctionnalité précise, c'est nettement plus lisible que ce que proposent la plupart des banques classiques.
Les cartes de dépenses pour les salariés
C'est l'un des sujets qui revenait tout le temps dans mon agence. J'ai six salariés. Deux d'entre eux gèrent régulièrement des achats pour les clients : abonnements pub en ligne, outils SaaS, fournitures pour événements.
Avant, c'était le bazar. Soit ils avançaient sur leur carte perso et attendaient un remboursement, soit j'utilisais ma propre carte et je perdais la trace des dépenses par client.
Avec les cartes virtuelles Equals, j'ai pu créer une carte par usage : une pour les achats pub Meta, une pour les outils Adobe, une pour les frais divers. Chaque carte avec un plafond défini. Résultat : je vois en temps réel ce qui est dépensé, par qui, pour quoi. L'export vers ma comptable est lisible. Elle m'a remercié.
Bon, par contre, l'interface de gestion des cartes est un peu rigide. On ne peut pas renommer les cartes comme on veut, les libellés sont contraints. Ça m'a fait perdre du temps au démarrage, notamment pour catégoriser correctement les dépenses.
L'interface générale : simple, mais pas toujours intuitive
C'est là que j'ai un vrai reproche. L'interface est épurée, oui. Mais épurée ne veut pas dire intuitive. Certaines fonctions sont enfouies dans des sous-menus que j'ai mis un moment à trouver. La gestion des droits par utilisateur, par exemple, n'est pas immédiate à comprendre.
J'ai dû appeler le support deux fois pendant la phase de prise en main. Le support est réactif, je leur accorde ça. Mais ça m'a coûté du temps que je n'avais pas vraiment.
Pour une équipe sans aucune habitude des outils fintech, il faudra prévoir une heure ou deux d'explication. Pas plus, mais quand même.
Les tarifs : qu'est-ce qu'on paye vraiment ?
C'est la question que tout dirigeant de petite structure se pose en premier. Et avec Equals, la réponse n'est pas si simple à trouver sur leur site, ce qui m'a légèrement frustrée.
Voici ce que j'ai pu comprendre après avoir échangé avec leur équipe commerciale :
| Fonctionnalité | Modèle de tarification | Remarque |
|---|---|---|
| Compte de paiement | Abonnement mensuel (variable selon le plan) | Plusieurs niveaux disponibles |
| Cartes physiques / virtuelles | Incluses selon le plan, sinon facturation à l'unité | Vérifier les plafonds |
| Virements internationaux | Commission sur le taux de change ou frais fixe selon le montant | Marge variable selon la devise |
| Intégrations comptables | Incluses dans certains plans | Xero, Sage, QuickBooks |
| Support dédié | Réservé aux plans supérieurs | Important à vérifier avant de signer |
Ce que je reproche ici, c'est le manque de transparence à l'entrée. Sur leur site, les prix ne sont pas toujours affichés clairement. J'ai dû demander un devis. C'est une perte de temps pour quelqu'un comme moi qui veut comparer rapidement plusieurs solutions.
Maintenant, honnêtement : si vous faites des virements internationaux régulièrement, le différentiel de taux de change peut très vite compenser l'abonnement mensuel. J'ai estimé une économie d'environ 300 à 400 euros sur six mois par rapport à ma banque précédente, uniquement sur les conversions devises. C'est concret.
Comparé à d'autres solutions du marché
Je ne vais pas faire une liste exhaustive de concurrents, ce n'est pas l'objet. Mais j'ai regardé de près Wise Business, Revolut Business et Airwallex avant de tester Equals. Voici ce que j'en retiens pour une TPE comme la mienne.
Wise Business reste imbattable sur la transparence des frais. Chaque virement est détaillé à l'euro près avant confirmation. L'interface est très simple. Mais les fonctionnalités de gestion de cartes salariés et de notes de frais sont moins abouties.
Revolut Business, j'ai eu une mauvaise expérience. Le support client est catastrophique quand on tombe sur un souci. Et une fois, un virement a été bloqué sans explication pendant 48 heures. Ça m'a stressée. Je déconseille pour une structure qui a besoin de fiabilité sur les flux de trésorerie.
Airwallex est très bien pour les volumes importants. Mais pour six salariés et des flux modérés, c'est trop complexe à paramétrer. L'onboarding m'a semblé long et technique.
Equals se positionne quelque part entre Wise et Revolut. Plus complet que Wise sur les cartes et la gestion des dépenses, plus fiable que Revolut sur le support, mais avec une transparence des tarifs à améliorer.
Pour qui Equals a vraiment du sens en 2026 ?
Les profils pour lesquels c'est pertinent
Première situation : vous avez des prestataires ou des fournisseurs à l'étranger et vous faites des virements réguliers en devises étrangères. Euros vers livres, dollars, dirhams, peu importe. Si vous faites plus de 3 à 4 virements internationaux par mois, Equals vous fera probablement économiser de l'argent par rapport à votre banque traditionnelle.
Deuxième situation : vous avez des salariés qui font des achats pour le compte de l'entreprise et vous voulez arrêter de vous battre avec les notes de frais papier. Les cartes virtuelles par usage sont vraiment pratiques pour ça. J'ai formé deux de mes salariés dessus en une demi-journée.
Troisième situation : vous cherchez un outil qui s'intègre à votre logiciel comptable sans avoir à faire des exports manuels chaque fin de mois. La synchronisation avec Xero ou QuickBooks fait gagner facilement une à deux heures par mois.
- TPE et PME avec activité internationale même partielle
- Agences, cabinets de conseil, entreprises de services avec achats digitaux fréquents
- Structures qui veulent centraliser dépenses, virements et cartes dans un seul outil
- Dirigeants qui utilisent déjà Xero, Sage ou QuickBooks
Pour qui ce n'est clairement pas adapté
Si vous n'avez aucune opération internationale et que vous cherchez juste un compte professionnel basique pour encaisser des clients français et payer des charges locales, Equals est probablement surdimensionné pour vous. Et surtout : trop cher pour ce que vous en ferez.
Si vous avez besoin d'un vrai compte bancaire avec découvert autorisé, garanties, chéquiers, Equals ne peut pas remplacer ça. C'est un compte de paiement, pas une banque au sens juridique. C'est important de le comprendre avant de souscrire.
Et si votre équipe est peu à l'aise avec les outils digitaux en général, l'interface demandera un effort d'adaptation. Pas insurmontable, mais à prévoir.
Ce que j'aurais aimé savoir avant de me lancer
L'onboarding prend du temps. Pas des semaines, mais prévoir une bonne journée pour ouvrir le compte, valider les documents KYC (pièces d'identité, Kbis, justificatif d'adresse), et configurer les premiers accès salariés. J'ai sous-estimé ça au départ.
Autre point : l'IBAN fourni est un IBAN européen valide, mais certains fournisseurs ou administrations françaises peuvent faire des remarques si l'IBAN n'est pas français. C'est marginal mais ça m'est arrivé une fois avec un organisme public. Gardez votre compte bancaire habituel en parallèle pour ce type de cas.
La gestion des dépenses en temps réel est bien, mais le reporting est encore perfectible. J'aurais aimé des tableaux de bord plus personnalisables pour suivre les dépenses par client ou par projet. Aujourd'hui ça nécessite une manipulation manuelle dans le fichier export. Pas rédhibitoire, mais à savoir.
Mon avis global sur Equals en 2026
Je ne vais pas vous dire que c'est la solution parfaite pour tout le monde. Ce serait faux et vous le sauriez.
Pour mon agence, Equals a résolu deux problèmes concrets : les virements internationaux moins chers et plus rapides, et la gestion des cartes de dépenses pour l'équipe. Sur ces deux points, ça fait le job sérieusement.
Les limites existent. L'interface peut déstabiliser au début. La grille tarifaire n'est pas la plus lisible du marché. Et le reporting manque encore un peu de profondeur pour un suivi fin par projet.
Mais dans l'ensemble, c'est une solution solide pour une petite structure avec une dimension internationale, même modeste. Le support répond, les virements partent, les cartes fonctionnent. C'est déjà beaucoup plus que ce que certains concurrents offrent vraiment.
Je recommande de tester si vous cochez au moins deux des critères suivants : activité internationale régulière, équipe qui fait des achats pour l'entreprise, utilisation de Xero ou QuickBooks. Dans ces cas précis, le retour sur investissement est rapide et mesurable.
Pour le reste, comparez avec Wise Business en priorité. Et évitez de signer les yeux fermés sans avoir demandé une démo et un devis détaillé.